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Pour bien fonctionner, un pied de cheval doit pouvoir se distordre de façon contrôlée. S’il est trop faible, on peut l’aider en le stabilisant le temps qu’il se développe.

Par KC Lapierre

Plus nous en apprenons sur le pied du cheval, plus nous réalisons l’importance de la stabilisation. La conformation de la boîte cornée apparaît comme une pure merveille quand on examine individuellement chaque structure dans sa constitution. Dans mon enseignement, j’accorde beaucoup d’importance à la définition de ce qui est la conformation correcte et le non état de santé des tissus pour chaque structure, car ces connaissances nous permettent de définir ce qui est la ou les fonctions de chaque structure. La paroi, en elle-même, est composée de plusieurs structures, chacune définie par sa conformation et par le type de tissu qui la compose.
Lorsqu’il s’agit de la boite cornée, sa stabilité définit son état de santé. La paroi est un mélange, une matrice d’épithéliums, et au sein de cette matrice se trouvent des tubules primaires tubules produits par le bourrelet coronal et de la corne intertubulaire dérivée de la chair feuilletée produite par les feuillets de chair.
La proportion de tubules par rapport à la corne dérivée de la chair feuilletée définit the la fonction primaire de la paroi à n’importe quel endroit de cette paroi. Par exemple: en pince, la paroi est composé d’une très forte proportion de tubules par rapport à la corne dérivée de la chair feuilletée – par comparaison à la zone des talons. Les tubules primaires sont résistants à la distorsion, alors que la corne dérivée de la chair feuilletée est très adaptée à la distorsion et à l’effet tampon. Les tubules primaires apportent de la stabilité la matrice, à la façon de l’armature métallique qu’on trouve dans le béton armé. Les tubules primaires produits par le bourrelet coronal sont plutôt denses.

Fondations, fondations, fondations 
Nous devons en premier lieu étudier la fondation d’une structure pour vraiment comprendre pourquoi elle est constituée de la façon qui se présente à nous. La fondation de la pince est la troisième phalange (P3, os du pied), alors que les talons ont pour fondations du cartilage. C’est un fait que la fondation de la partie caudale (arrière) du pied est du cartilage et que celle de la partie dorsale (avant) est de l’os. L’observation que la paroi entourant la troisième phalange est composée d’une forte proportion de tubules primaires par rapport à la corne intertubulaire dérivée de la chair feuilletée nous permet de déduire que la fonction de la pince est de soutenir et de protéger. Par un soutien physique, mais plutôt un soutien « logistique » à la locomotion. La protection se fait sous la forme de la stabilisation, en aidant à réduire les effets de couple sur la troisième phalange, tandis que la couche de corne dérivée de la chair feuilletée entre la troisième phalange et la matrice de la paroi agit comme un tampon pour protéger le derme.

Arche-Interne

L’Appareil de l’arche interne est constitué, dans sa partie arrière, des cartilages ungulaires et du coussinet digital, ce qui lui confère une capacité d’amortissement.

Du côté des talons, nous observons que les fondations sont constituées de cartilage. La matrice de la paroi en talons est constituée d’une forte proportion de corne dérivée de la chair feuilletée par rapport à celle des tubules primaires. Ce rapport de proportion permet la distorsion de l’arrière du pied, tout en protégeant le derme en atténuant les chocs créés à l’impact avec le sol.
Pourquoi vouloir de la distorsion dans le pied caudal ? 
La réponse est des plus simples : du fait de la constitution des fondations. Dans le corps, on trouve du cartilage le plus souvent pour protéger l’os, et cela est vrai également pour les cartilages ungulaires (latéraux) du pied du cheval. L’état de santé du cartilage joue un rôle majeur dans la protection de la troisième phalange et de l’appareil naviculaire (podotrochléaire) contre les effets de couple.
Comment en suis-je arrivé à cette conclusion? En posant une autre question très simple : pourquoi la fourchette a-t-elle une forme triangulaire ? Ou pourquoi l’échancrure de la fourchette dans la sole est-il en forme de « V » ? Comme écrit ci-dessus, la fonction d’une structure est définie par la conformation de ladite structure et les propriétés des tissus qui la composent. Les fondations de l’échancrure de la fourchette (qui comprend les barres), ce “vide” en forme de “V” dans la sole, sont essentiellement constituées par la partie inférieure des cartilages ungulaires. Lors de la conférence que j’ai donnée à EquiMeeting 2009 au Haras du Pin, en Normandie, j’ai expliqué la fonction des cartilages ungulaires à l’aide de l’analogie suivante :
Imaginez que la troisième phalange est un 4×4 et que les cartilages ungulaires sont un van attelé au 4×4. Et la jonction os/cartilage est l’attache remorque avec des barres stabilisatrices (ou barres de torsion). La fonction de l’attache remorque est de réduire ou éliminer le couple (force physique, effort en rotation appliqué à un axe) sur le véhicule tracteur. Les barres stabilisatrices (ressorts) procurent du potentiel élastique pour stabiliser les mouvements et encore plus réduire les effets de mouvements incontrôlés du van sur le véhicule tracteur. Les cartilages ont la même fonction. Du fait de leur fort potentiel élastique, les cartilage ungulaires réduisent efficacement le couple sur la troisième phalange et l’appareil naviculaire. J’ai fait remarquer que les barres de torsion permettent une action stabilisatrice optimale en situation de remorquage, et que si on les enlève, alors les éventuels mouvements excessifs du van engendreront des contraintes sur le véhicule tracteur. J’ai aussi fait remarquer que si le van, au lieu d’être relié au 4×4 par une attache remorque avait son timon soudé au châssis du 4×4, ce dernier serait exposé à des couples et des contraintes extrêmes. Je sais que c’est une façon simpliste d’envisager le fonctionnement du pied, mais cette image aide souvent mes étudiants à comprendre la différence entre stabilisation (attache remorque avec barres de torsion), instabilité (attache remorque sans barres de torsion), et immobilisation (timon du van soudé au châssis du 4×4).
En ayant ceci à l’esprit, mes étudiants sont capables d’évaluer les avantages et inconvénients de tous ces fers à planche, flexibles ou autre, et de toutes ces semelles et hipposandales aujourd’hui disponibles sur le marché.

phw

Du fait des propriétés des matériaux qui le composent, le Perfect Hoof Wear n’immobilise pas et permet d’apporter une stabilisation dynamique au pied frappé d’instabilité à cause de cartilages ungulaires trop faibles et mal développés.

Un pied de cheval frappé d’instabilité du fait de cartilages faibles ne se portera et ne fonctionnera pas mieux si on lui colle des fers flexibles, simplement parce que des mouvements sans restrictions des parties arrières du pied peuvent être néfastes. Un tel pied ne se portera pas mieux si on lui fixe un fer à planche, la raison étant que les cartilages ungulaires ont besoin de recevoir des pressions pour se maintenir en bon état ou revenir à un bon état. Le cartilage a cette particularité de ne pas dériver ses nutriments directement du système sanguin, donc augmenter la circulation sanguine en mettant en charge la fourchette ou permettre l’expansion ne suffit pas. Les cartilages sont nourris par diffusion, un échange moléculaire avec les tissus environnants qui se produit sous l’effet de pressions engendrées par le mouvement. Les cartilages ungulaires du pied du cheval ont besoin d’être stabilisés pas immobilisés. Comment peut-on faire cela ? En leur procurant de la stabilité au moyen d’un soutien caractérisé par son fort potentiel élastique. Un de ces moyens est le Perfect Hoof Wear. Nos étudiants apprennent qu’un pied instable peut être stabilisé en utilisant le PHW, voir en y incluant un « fer » flexible pour la performance.

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